Commentaire Rencontre Oedipe Sphinx

Un espace scénique qui est aussi un lieu politique : moderne et Racine. III Atrides et labdacides face au pouvoir. Pier Paolo Pasolini, Entretien avec Jean Narboni, in Cahiers du cinéma, no 192, juillet-août 1967, p. 31 Les répétitions de la pièce lamènent à modifier un peu ses recommandations : il demande à lactrice du rôle, Lucienne Bogaert, de parler comme une mitrailleuse un télégraphe une écuyère méchante et insolente lettre à Louis Jouvet. Il la fait aussi répéter daprès un disque de Sarah Bernhardt interprétant le monologue de Phèdre La Voix de son maître, 1903, quil utilisera à nouveau pour réaliser une imitation de la grande actrice sur Radio Luxembourg trois ans plus tard. Un chroniqueur dramatique le remarque à la création : Je me demande comment Lucienne Bogaert a pu si bien piger la diction de Sarah Bernhardt, elle qui ne la pas connue? Est-ce daprès un disque? Ou daprès Cocteau? François Porché, La Revue de Paris, mai 1934. commentaire rencontre oedipe sphinx Intéressons-nous dabord à l aspect physique de cette créature. Elle apparaît comme un être hybride. Voltaire la décrit comme aigle, femme et lion. Heredia évoque La Vierge aux ailes daigle. Samain est encore moins précis, il suggère un corps énorme et féminin, confirmé par des seins aigus appartenant aussi au règne animal par ses pattes de pierre. Chez Cocteau, il faut glaner dans les didascalies pour comprendre que cest une statue sur son socle, que cest une femme puisque son serviteur Anubis lappelle Madame, et quelle est dotée dailes quelle perd après la résolution de lénigme. Si dans les deux premiers textes, la sphinge est un animal monstrueux tapi dans son antre, les deux derniers textes la représentent sous la forme dune statue, à taille humaine pour Cocteau, monumentale pour Samain. Et ces descendants tombent sous le coup des armes qui ont permis à laïeul de vaincre. Cadmos a tué le serpent dun jet de pierre et il a ensuite lancé une pierre au milieu du groupe des Spartes, les amenant à sentre-tuer. De même, cest à cause dune pierre qui roule quÉtéocle, dans le duel fratricide qui anéantit la dynastie issue de Cadmos, reçoit de Polynice la première blessure de ce combat. Et, un peu plus tard, cest une pierre quil lance contre Polynice. Étéocle le défenseur de sa patrie, fils dŒdipe le boiteux, est à deux reprises victime dun faux pas v. 1390-1419 ; le premier a pour résultat que, comme son père, il a la jambe embrochée v 1394. Le second est dautant plus remarquable quEuripide lintroduit, grâce à une métaphore, pour désigner une méprise v 1419. Cest le jugement dÉtéocle qui trébuche : il se croit trop tôt victorieux-et reçoit à ce moment le coup fatal. Ces répétitions sont trop nombreuses pour être fortuites, même si lauteur se garde de les expliciter. plus puissant pourrait bien venir un jour. Cest dailleurs le sens mauvaises et incompréhensibles. Tout au long de la Lacte III marque laccomplissement de la prophétie. Le décor illustre la chambre nuptiale, et Cocteau souligne son symbolisme dans la didascalie initiale : Lestrade représente la chambre de Jocaste, rouge comme une petite boucherie au milieu des architectures de la ville. Un large lit couvert de fourrures blanches. Au pied du lit, une peau de bête. À gauche du lit, un berceau. Une peste sabat par la suite dans la ville, quœdipe ne comprend pas et ne trouve pas lorigine. Il ordonne que lon retrouve le meurtrier qui désire le désastre de sa ville, sans savoir quil est lui-même lauteur de ce grand mal. Œdipe finit par comprendre quil est pris au piège de son propre destin et quil a commis lirréparable, Jocaste met fin à ses jours et Œdipe se crève les yeux. Ainsi, le Sphinx prend des allures de femme et apparaît ainsi comme une Sphinge, que Œdipe na pas eu de mal à écarter de sa route. Dailleurs il ne se gêne pas pour le rappeler avec une certaine arrogance lors de sa discussion avec le prophète dApollon, Tirésias. Cependant, le portrait de cette créature nest pas toujours le même, voire complètement différent, comme chez Pasolini. Indo-européenne dont le sens est : articulation, le nom MM Eschyle et Sophocle ont été traduits par Paul Mazon dans la Collection des Universités de France Budé. Pour Les Phéniciennes dEuripide, la traduction Budé L. Méridier est médiocre ; voir celle de Marie Delcourt coll. La Pléiade ou Folio, Gallimard, le mieux étant de se reporter au texte grec Budé uniquement. En poursuivant votre navigation sur les sites du groupe Sophia Publications, vous acceptez De taille ordinaire et de force ordinaire, il trouvait moyen, tant sa dextérité était inventive et puissante, de soulever des fardeaux de géant et daccomplir des prodiges dathlète, p. 643 commentaire rencontre oedipe sphinx Sylviane Messerli, Œdipe enténébré. Légendes dŒdipe au XII e siècle, Paris, Champion, 2002. commentaire rencontre oedipe sphinx expliquée, du reste, ne laisse pas de surprendre. Il y a un Le sphinx ou sphinge est une figure mythique qui regroupe deux apparences distinctes. Dans lÉgypte antique, cest un animal fabuleux à corps de lion et tête dhomme le plus souvent de pharaon. Dans la mythologie grecque, cest une créature féminine malfaisante associée au mythe dŒdipe. Ces deux manifestations sont présentes dans les textes du corpus. Lune est rattachée aux réécritures du mythe œdipien : la scène 1 de lActe I de l Œdipe de Voltaire publié en 1718, le poème Sphinx de José Maria de Heredia tiré des Trophées paru en 1893, et dun extrait de lActe II de La Machine infernale de Jean Cocteau de 1932. Le dernier texte, Le Sphinx, tiré de Symphonie héroïque dAlbert Samain publié en 1900 est une évocation de la statuaire monumentale égyptienne. Quelles caractéristiques de cet être fabuleux ont donc retenues les auteurs? La Machine Infernale de Jean Cocteau-commentaire : la rencontre avec le sphinx acte II-Partie I À la même époque que les représentations dŒdipe dans la céramique attique, on trouve aussi des représentations humoristiques qui parodient lépisode : plusieurs vases montrent des en train de tenter de répondre à lénigme du sphinx, ou bien de le menacer du doigt, ou encore dessayer de lamadouer en lui donnant de la nourriture. Sur quelques vases, cest le sphinx qui est parodié : au lieu davoir un buste de belle femme, il est représenté avec un buste de vieille femme toute ridée, lippue et ventripotente ; sur un des vases, elle se masturbe. Enfin, un fragment de vase attique datant des années 450-440 montre une transposition animale de la scène dans laquelle Œdipe était représenté sous les traits dun chien anthropomorphe tenant une lance et portant une épée au côté. Aujourdhui oublié de la plupart des cinéphiles, Edipo Re est lun de derniers films estampillé années 60 du maître Pier Paolo Pasolini. Réalisé deux ans avant Médée autre création sinspirant de la mythologie Antique, ce long-métrage assez déroutant se découpe en différents segments, positionnés dans divers contextes. Troubles sont les liens inter-temporels proposés par un réalisateur qui se serait dailleurs plus ou moins servi de son expérience personnelle pour mener à bien cet ambitieux projet. Autobiographique? Pas physiquement, intellectuellement peut-être mais cela demeura probablement ambigu à tout jamais. Le metteur en scène ne disait-il pas lui-même que lon demeurait incompris lorsque lon atteignait le statut posthume. Toujours est-il que ce complexe P.P.P. A parfaitement réussi la première demie-heure dune oeuvre austère qui déconcertera dès les premiers instants les non-initiés. Dans un rythme lent et sans dialogues, il décrit avec grand brio une situation initiale que la plupart auraient caricaturé ou pire, rempli dinformations inutiles. Mystérieusement, il fait passer le message de ses premières séquences dans le regard de ses personnages et joue de la beauté de son cadre pour happer vers lui un public qui pourra dans un premier temps savérer satisfait. Disons que jusquà la moitié, Pasolini a très bien mené son affaire avant de petit à petit tomber dans les travers du cinéma dauteur minimaliste. De passionnant il passe au statut de profondément ennuyeux, la faute à des scènes trop convenues et des dialogues mal rédigés. Linterprétation à part Citti excellent comme dhabitude ne relevant pas non plus dun niveau extraordinaire, on a alors du mal à se sentir porté par une odyssée théâtrale devenant par moments opérette. Le fond nest pas assez travaillé et les instants-clés peu réussis les scènes damour ne sont pas dérangeantes. Au final, on ressort de Edipo Re frustré de ne pas avoir assisté au sacre artistique de son auteur. Oedipe : Cest juste! Je rêvais de gloire, et la bête meût pris en défaut. Demain, à Thèbes, je méquipe, et là chasse commence.