Comment Courbet représente-t-il son bienfaiteur? En un homme cordial, raffiné, si on le compare à la silhouette fière du peintre. Il ne vient pas de loin, sa maison est proche. Il est accompagné de son serviteur, à la figure rugueuse, qui reste en retrait, semblant ne pas comprendre ce qui se passe. De plus, je me suis laissé tenter par Facebook et cela prend du temps, mais cest intéressant. Heureusement, jen dispose, mais je dois ménager ma vue si je veux aller loin. Le peintre du XIXème que Cezanne respecte à priori le plus comme un précurseur est, sans contestation possible, Delacroix. Plus que de Courbet, il a entendu parler de ce dernier avant même darriver à Paris. Nul doute que les vers romantiques que le futur peintre compose dans ces années dinquiétude ne sinspirent de Baudelaire, lequel témoignait dune prédilection évidente pour Delacroix, plus que pour Courbet trop naturaliste cf. Le Salon de 1845 : M. Delacroix est décidément le peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes. Copiste au Louvre, Cezanne sattache à reproduire le tableau La Barque de Dante et Virgile aux enfers. Il reproduit encore une toile dinspiration shakespearienne Hamlet et Horatio, dinspiration biblique Agar dans le désert, vers1890-1894, cest-à-dire à un moment où copier des œuvres au Louvre na plus dintérêt formateur. Côté aquarelle, il reprend le thème de Médée en 1885, alors que bien dautres dessins traduisent le mouvement et la fougue du dessin de Delacroix. On voit encore combien le tableau La mort de Sardanapale préoccupe le peintre aixois qui, ici, reprend le mouvement de la femme égorgée ; là, retient la composition générale de lœuvre autour du monarque indifférent sur son lit dapparat alors que le monde bascule dans le chaos. Indéniablement les Tentations de Saint-Antoine gardent mémoire de ce Delacroix là. Plus étonnamment, Vollard, ayant fait don à Cezanne dune aquarelle de Delacroix représentant un bouquet de fleurs, le maitre dAix sautorise une copie de cette aquarelle sous forme dune toile à lhuile quil balafrera dun geste rageur Bouquet de fleurs daprès Delacroix, NR894, 1902-1904. Cette aquarelle avait appartenu à Victor Choquet, premier grand collectionneur de Cezanne, lequel partageait avec son ami un amour analogue pour Delacroix. Vollard lavait acquise à la vente des collections Choquet après la mort de sa femme en juillet 1899. Cest dire que ladmiration de Cezanne pour Delacroix restait entière dans les toutes dernières années de sa vie. On se doit de rappeler combien lattention de Cezanne pour Baudelaire, et ce jusque dans les derniers mois de sa vie, se justifiait en raison de lamour que le poète avait porté pour le peintre romantique au point de composer une vie de Delacroix comme un ensemble à lintérieur de lensemble publié sous le tire lart romantique : Je lis de Baudelaire les appréciations quil a écrites sur lœuvre de Delacroix Nous sommes le 28 septembre 1906 à moins dun mois de la mort du peintre! Enfin Cezanne se donne le projet de peindre une Apothéose de Delacroix. Une lettre de mai 1904 explicite ce souhait : Delacroix. Je ne sais si ma précaire santé me permettra de réaliser jamais mon rêve de faire son apothéose lettre à Emile Bernard. Deux œuvres une aquarelleR69 et une petite toile NR 746 portent encore témoignage de cette composition imaginée à létat desquisse, jamais réalisée. Noublions pas quun dessin de Cezanne de 1864-65 reprend le thème de lapothéose dHenri IV daprès Rubens! Bien évidemment, le rapprochement RubensDelacroix queffectue Cezanne montre combien sa verve romantique senracinait dans une tradition baroque que Delacroix naurait pas reniée. On peut encore être certain que lamour de Cezanne pour Baudelaire se conforte de ladmiration quil porte à Delacroix. On conclura en faisant la remarque suivante : au Louvre, le seul peintre du XIXème que Cezanne copie reste Delacroix. Courbet, précurseur de Cezanne? Chaque année amène une production plus intense. Courbet ne sinterrompt que pour aller à Ornans où il se livre avec ardeur aux plaisirs de la chasse et où il puise le goût de ces tableaux cynégétiques qui seront un de ses plus beaux titres de gloire. 76 Il peut y avoir chez Courbet une tendance à lanthropomorphisme paysagé, tel que nettement exploité dans son Paysage fantastique aux rochers anthropomorphes 1865, Musée de Picardie, Amiens et celui des G orges de Saillon 1875, collection privée. Mais les oeuvres maîtresses de cette série de marines datent du séjour que fit lartiste à Étretat, en 1869, en compagnie de Diaz et de son fils. La station, lancée par Isabey et par Alphonse Karr, nétait pas encore trop envahie, et lartiste pouvait tout à son aise se livrer à ses prouesses nautiques les marins lavaient surnommé le phoque. Quelque chose de cette vie violente et saine a passé dans les nombreuses études peintes à ce moment. Ce sont LES LUTTEURS de la collection Léon Hirsch, à Chenonceaux, qui ont pris la place de la NUIT DE WALPURGIS. Ils furent exposés juste au-dessus des BAIGNEUSES dans cette salle des Menus-Plaisirs où le Salon qui se tenait précédemment au Louvre, puis au Palais-Royal, venait de souvrir en mai 1853. Cette oeuvre singulière est à consulter si lon veut savoir combien incertaine encore est à cette époque la doctrine réaliste. Le couronnement de larc de lEtoile, entrevu au-dessus de la barrière de lHippodrome, nous avertit que la scène se prétend moderne. Mais devant ce décor de plein air, dune crudité insolente, brossé à la diable, et relégué au dernier plan, sur un terrain de convention qui supporte mal le poids des figures, le peintre a construit deux académies poussées au noir, éclairées par un jour factice datelier. Les ombres, lit-on dans lArtiste, sont dun ton à réjouir les marchands de cirage. Le maître se révèle dailleurs par de magnifiques coulées de pâte, de souples modelés, des raccourcis audacieux. Mais ces qualités ne sauvèrent pas loeuvre. Delacroix, fort mal disposé pour LES BAIGNEUSES, trouve dans LES LUTTEURS le même manque daccord entre les figures principales et lé fond, qui les tue et dont il faudrait ôter plus de trois pieds tout autour. Pourquoi chercher lignoble? sécrie Boyeldieu dAuvigny. Tableau repoussant dit Horsin-Dêon, et dont la présence au Salon ne sexplique pas I Aux yeux de Bazille Courbet senrichit mais compromet aussi sa puissance créatrice Please select the Tab Content in the Widget Settings.
Il a finalement été retrouvé en fin de journée, ce jeudi 11 juin, vers 17h, près de Desvres. Mais la révolution de 1848 permit de constituer le jury sur de nouvelles bases et lès trois tableaux quon venait de refuser à Courbet purent paraître dans les expositions suivantes. La réputation du peintre ne perdit rien à ce long stage. Remarqué dès 1848 par Champfleury et Prosper Haussard, lartiste fut encouragé dès lors par un petit groupe dadmirateurs qui virent en lui un grand peintre. Cest en travaillant sur la correspondance dAlexandre Dumas fils et de George Sand que le grand spécialiste français de Dumas père et fils, Goncourt de la biographie en 2017, a résolu une énigme vieille de 152 ans. Chargé de lannotation des lettres échangées entre George Sand et Dumas fils, de traquer les moindres allusions que contient un texte afin de léclaircir, Claude Schopp est surpris par une coquille dans la transcription dune lettre de Dumas à Sand, datant de juin 1871. Le beau, comme la vérité, est une chose relative au temps où lon vit et à lindividu apte à le concevoir. Lexpression du beau est en raison directe de la puissance de perception acquise par lartiste.
qui avait dabord trouvé refuge en Espagne, sétait
huile sur toile, 195×257 cm, Lille, Palais des Beaux-Arts. Léger sourire qui flotte. La présence dune tâche rouge au cœur Publié le 05062020 à 18:00 Mis à jour le 05062020 à 18:00 Lannée 1859 fut une année vide; Courbet la passa presque entièrement à se reposer ; il entreprit lillustration de quelques ouvrages mais il ne réussit guère dans ce genre, qui convenait mal à sa manière large et impétueuse. Géricault dans un artiste dans son atelier 18-19 ou Delacroix dans Michel-Ange dans son atelier 53 avaient représenté lartiste dans un état idéalisé de rêve, comme Courbet lavait fait dans lhomme à la ceinture de cuir en 48-49. Il faut retenir les lignes suivantes, dune parfaite justesse : .
