Déviter que M. De Nemours sache quelle le connaît mais son embarrassement la trahi. Impression de sentiments qui la surmontent. Dispositifs, plus ou moins complets, plus ou moins typés, et ces En plus de créer un univers favorable aux sentiments, le narrateur peint des portraits de héros qui ne peuvent se laisser indifférent lun à lautre, et qui concourent à produire une scène purement romanesque M. De Gèves et Mme de Chartres sintégrait mal dans lunivers de cour que décrit Mme de Lafayette, ne respectent pas les règles matrimoniales sur ce cas précis, et Mlle de Chartres sait se conformer pleinement au rôle social qui est le sien 7. Cest pourquoi, ne ressentant ni répugnance ni inclination pour Clèves elle a à cœur dépouser ce jeune homme dont sa mère dit tant de bien, et de se conformer à ce quest le mariage-contrat dans la société nobiliaire. Ce à quoi se conforme Mlle de Chartres, cest à un mariage quelle prend pour un pacte de famille mais qui a été modifié dans les termes mêmes par son futur mari et sa propre mère. Ce mariage nest plus ni pour lun ni pour lautre un pacte de famille parce que Clèves épouse Mlle de Chartres par passion et sans tenir compte des alliances, parce que Mme de Chartres accepte un cadet et reconnaît à Clèves ce droit à la passion. Il y a eu disparition de la puissance paternelle de chaque côté : de manière radicale du côté de Clèves, parce quen définitive, la veuve ne peut tenir la place de chef de lignage, pour Mme de Chartres. Infractions à la morale conjugale 13Le lecteur dElias retrouve ici lintériorisation des contraintes sociales qui ne seront désormais presque plus reconnaissables. La célèbre maxime Lesprit est toujours la dupe du cœur illustre comment lhomme se trompe doublement : il suit toujours les tentations de ses passions ou de lamour-propre, mais il se croit néanmoins guidé par sa raison. La raison peut contribuer à sa propre défaite, parce que convaincue de se maîtriser. La Rochefoucauld confronte ses contemporains à un miroir qui leur montre leurs vrais mobiles facilement oubliés grâce aux ruses intériorisées. Les réactions scandalisées aux Maximes démontrent jusquà quel point la régulation de la vie pulsionnelle est déjà automatisée à lépoque. Deviendra son grand ami, le duc de La Rochefoucauld, héritier de Un article de Télérama 2011 sur le : mis au défi? Lexemple dHenri II, vite réglé par Mme de Valentinois et le connétable de Montmorency qui donnent Marie de Lorraine à Jacques Stuart et non à Henri VIII qui souhaitait lépouser et lengagent dans une tragédie dont elle ne se remettra pas, fait contrepoint à celui dHenri VIII, puisque la répudiation ne se fait pas et que le roi comprend que ses passions peuvent fort bien sintégrer à son mariage sans remettre en cause léquilibre entre lEtat et le pouvoir religieux. Dans ces méandres entre les affaires et la passion, il nest pas seulement question des rapports entre lamour et le pouvoir, mais de la mise en cause du fonctionnement de lEtat. Un roi, exemple des exemples, ne peut, sous peine de bouleverser léquilibre fondamental entre lEglise et le pouvoir temporel, remettre en cause lalliance matrimoniale établie. Dans la mesure où il a pris femme, il est absolument lié aux lois politiques. Ce qui est particulièrement net ici, est que le roi na pas droit à fonder le mariage sur la passion, au même titre que la plupart de ses sujets, mais encore plus clairement queux 4. Aimer pour un roi, cest aimer une maîtresse au sein de son mariage politique. Là comme ailleurs, la passion conjugale exclut la paix des ménages et des Etats et sexclut proprement des rapports matrimoniaux. Cest à la fois une déclaration de principe, un prérequis et une observation, linadéquation, pour un roi, de la passion et du mariage, vaut ainsi pour ses sujets.
aussitôt sans leur donner le loisir de parler à personne, l.15. Léchange de paroles sera dailleurs Bernadette J. Njeuma, Les Obstacles à lamour dans La Princesse de Clèves de M me de Lafayette et des pièces choisies de Pierre Corneille, Mémoire de maitrise, University of South Carolina, 1987. Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678 Corpus : Le roman, miroir de son temps Aimer-la-littérature Le cinéaste portugais a mis laccent sur ce contraste et en a fait La Princesse de Clèves, quête de lexactitude www.nouveau-magazine-litteraire.com Les premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVII e siècle, le jugèrent invraisemblable: quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères? Au XVIII e siècle, cet aveu, on la trouvé charmant. Au XIX e, immoral. Au XX e, idiot : mais quelle lépouse donc, son bellâtre de cour! Et au début du XXI e, on dit quil ne faut plus lire ce livre. Lexplication a été faite par Pauline, avec comme question initiale: Pourquoi cette scène est-elle si célèbre-le soin quil avait pris de se parer augmentait encore lair brillant qui était dans sa personne l 8-9. P. Nicole, op Cit, p. 179 et suiv. : Cette disposition tyrannique i.e. Lamour-propre étant empreinte dans le fond du cœur de tous les hommes, les rend violents, injustes, cruels, ambitieux, flatteurs, envieux, insolents, querelleurs. Voir aussi La Rochefoucauld, op Cit, p. 283 : il lamour-propre rend les hommes idolâtres deux-mêmes, et les rendrait les tyrans des autres si la fortune leur en donnait les moyens. Règle de convention à respecter dans la vie sociale du XVIIème. Des amants désespérés qui racontent leur martyre aux rochers. Cette double intrigue du vidame, ou il serait perdu. Le passage étudié ici est la scène de la première rencontre entre le personnage éponyme.
Les témoins participent au coup de foudre en ce sens que, comme le roi, ils le rendent possible ou
La lecture linéaire détaillera les 25 lignes de Elle passa tout le jour des fiançailles..à sils ne sen doutaient point édition Hatier p 48, lignes 734 à 759 et Hachette 713 à 739 p 49. Véritable topos littéraire, la rencontre amoureuse prend place dans un décor romanesque et fait lobjet de longues descriptions minuitieuses; La princesse se prépare longuement tout le jour à cet événement qui constitue, en quelque sort, son baptême du feu des mondanités, juste après son propre mariage, qui sest tenu quelques semaines plus tôt. Le Prince de Clèves a été, en fin de compte, le seul à faire sa demande car la maîtresse du roi avait réussi à dissuader les autres partis et lorgueil de Madame de Chartres constituait également un obstacle ; De plus, en accord avec sa fille, Madame de Chartes a résolu de faire un choix qui pourrait lui convenir. Néanmoins, elle se rend vite compte que la jeune fille nest pas amoureuse de son mari et elle travaille à lui faire comprendre ce quelle devait à linclination quil avait eue pour elle avant que de la connaître ; autrement dit, elle lui demande dêtre reconnaissante envers son mari Cette précision nous montre aussi que le sentiment, chez le Prince,précède la connaissance selon le principe bien connu du coup de foudre. Avertissez-moi par e-mail des nouveaux commentaires. Ton commentaire est bien mais il manque une problématique et une conclusion, non?
