Quimporte : le futur Gracq cherche sa phrase, son style, son rythme. Partnership tient autant du témoignage que de lexercice décriture, ou du galop dessai Au château dArgol paraîtra six ans plus tard. Le texte étant très peu raturé parfois deux termes sont superposés, entre lesquels lauteur na pas tranché, on peut supposer quil aura existé une première version de ce texte, avant celle, recopiée proprement, quil nous est aujourdhui donné de lire. Il est donc possible daffirmer quau moment où Louis Poirier écrit ce récit, et au moment où il loffre, le futur Julien Gracq assume une forme dexposition, de publication. En cliquant sur Continuer à lire ici et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Bienvenue à la Maison des écrivains et de la littérature Grâce à la politique ainsi quà sa passion pour lart et la littérature, lancien député-maire PS dEysines a pu effectuer de nombreuses rencontres qui lont marqué. Il les raconte dans son livre Des lieux et des hommes publié aux éditions La Geste. Michel Deguy, Lexpérience pensive du poème, in Pensées pour le nouveau siècle, Fayard 2008, p 230. Conditions : Seul le logement est pris en charge par la Maison Julien Gracq. Les transports et la restauration sont à la charge de lauteur. Aucune rémunération ne sera proposée. Si la vraie biographie dun écrivain tient aux rencontres qui lont influencé, et les rencontres de livres beaucoup plus que de personnages, Gracq nen a pas fait mystère: Il y eut pour moi Poe quand javais douze ans-Stendhal quand jen avais quinze-Wagner quand jen avais dix-huit, Breton quand jen avais vingt-deux. Mes seuls intercesseurs et éveilleurs Lettrines, p 42. Ajouter Jules Verne, son primitif à lui ibid. En fond de sauce! Nen déplaise à ceux qui voudraient oublier que tout écrivain sort aussi de ses premiers émerveillements de lecteur et que la vraie grandeur consiste à ne pas les renier. Les gracquologues auront aussi à coeur de souligner limportance de Nerval et des romantiques allemands qui nourrirent son indéniable penchant pour les enchantements et les univers oniriques et de mentionner le nom de J-K. Huysmans pour rappeler que Gracq, en des Esseintes ligérien, usait lui aussi dun vocabulaire recherché et orné. Il fait parfois penser à un Proust qui naurait pas condamné la littérature de notations et qui, au lieu décrire la Recherche, se serait contenté de médaillons ciselés et de miniatures. Lhomme sappelait en fait Louis Poirier. Il a été, il y a bien longtemps, un brillant lycéen à Nantes, ville qui fut en quelque sorte son Athènes et à laquelle il a consacré une de ses dernières oeuvres, La forme dune ville 1985. Normalien en 1930, il a mené une discrète carrière de professeur agrégé de géographie. Il sétait inventé son pseudonyme pour séparer nettement son activité de professeur de son activité décrivain. Il sagit dabord dune fidélité informée, on pourrait dire dune piété, à lhistoire de la langue française, dont le latin a toujours été le fil rouge ; un latin que le français aura toujours sous, dans la peau, intus et in cute. Je me permets de revenir ici sur des remarques que jai développées dans une intervention à loccasion de la Journée Humanités, organisée par LAPL, intitulée Quand le mort saisit le vif. Le latin est, de fait, la langue souche du français, il nest pas une langue ancienne, au sens où lest le grec ; il est la langue ancienne du français, et langue ancienne pour toujours : le temps néloigne pas une langue de son origine. Cette filiation de la langue française a de surcroît cette particularité dêtre singulière. Ce nest pas un long fleuve tranquille. On a, avec le français, le paradoxe dune langue qui sest édifiée tout à la fois contre le latin-lon sait que de toutes les langues romanes cest le français qui sest le plus vite émancipé de sa langue mère, et en même temps tout contre lui, amoureusement contre; il a toujours eu le souci, la fierté, de rendre sa propre élévation inséparable de processus répétés de relatinisation, aidé en cela par langlais, à un moment essentiel pour le devenir de la langue vernaculaire, lépoque carolingienne. Ce qui fait que cette langue de fortune, qui eût pu rester à létat dun latin vulgaire créolisé, a su acquérir le statut dun latin moderne, en empruntant à un latin déjà oralement mort, et admirablement figé dans son état littéraire, ce latin endormi en beauté, dont le grammaticus assure la veille mortuaire. Du fait de cette rivalité constante et fructueuse avec ce latin littéraire, le français a été très vite une langue écrite, morte ; paradoxe très fécond, au plan littéraire, dune langue qui a toujours été peu naturelle, artificielle, fabriquée, trafiquée, comme demblée muséale. Cette réalité, qui sinscrit dans lhistoire de la langue, Julien Gracq en a eu, sinon la conscience linguistique, du moins l intuition littéraire, aidé évidemment pas sa parfaite connaissance de la langue et de la littérature latines. Francis Ponge, avec un parti pris militant, radicalise certes cette option, mais quand on pense à la langue de Julien Gracq, à ce quelle a, de fait, de glacé et de munificent, ne serait-on pas en droit de dire de lui, si intimement persuadé dailleurs décrire à contre courant, ce que, mutatis mutandis, Francis Ponge écrit de Malherbe : Lorsque la langue française sera devenue une langue morte, cest seulement alors, je crois, quil prendra véritablement stature? Dans son court récit Le déjeuner du bord de Loire, Philippe le Guillou, à propos dune dédicace de Julien Gracq sur une édition du Roi pêcheur ainsi rédigée : En souvenir cordial dun déjeûner aux bords de Loire, commente : Cest lorthographe archaïsante de déjeûner qui marrête et me réjouit parce quil doit être le dernier à orthographier ce mot de cette manière ; cest-à-dire, complétons-nous, dune manière qui affiche son allégeance au latin ; un exemple, parmi tant dautres, et ceux-là encore bien vivaces dans la langue moderne, dune orthographe française qui inscrit la filiation latine jusque dans laccent circonflexe, laccent du souvenir. On aimerait ajouter le poids du souvenir, celui dont Gracq gratifie avec tellement de justesse la poésie de Baudelaire ; car cest le poids de la langue latine qui fait de la poésie de Baudelaire la voix la plus mûre, la plus âgée de la poésie française. Et qui nierait que la phrase de Gracq nest pas elle aussi, à sa manière, redevable à cette rumination, un mot qui revient souvent sous sa plume, quand il évoque le travail de maturation qui précède léclosion de lœuvre, et le travail de la phrase, seul à même de donner consistance aux fata morgana. Sans doute, a-t-on souligné Pierre Bergounioux, Pierre Michon, combien la phrase de Gracq était gorgée de syntaxe latine, construite, articulée, souvent longue, bref, à linstar de celle de Chateaubriand, dans la coulée du temps ; mais cest Julien Gracq lui-même qui revendique clairement, et sans complexe, cette filiation intempestive dans En lisant en écrivant: Jai toujours eu tendance, quand jécris, à user de lélasticité de la construction de la phase latine. Une manière de rendre hommage à une syntaxe dont il a bien mesuré premier prix de thème latin au concours général la singulière aptitude à labondance aussi bien quà la concision, à la souplesse comme à la tension architecturale. Une souplesse qui na évidemment rien à voir avec les molles affèteries dun classicisme anémié ; car le propre de la syntaxe latine est aussi de se prêter exactement, positivement, à la capture du sens : on ne baratine pas en latin ; et justement, rappelle Pierre Michon, Gracq est un positiviste. Quand il a toute la palette des mots pour qualifier le monde, il sy jette. ; et pour le dire à la façon de Ponge : Lamour de la langue latine est absolument concomitant à cela Plus étonnant encore, et il sagit cette fois de lhomme du Nord, dont on pourrait penser quillustrant hyperboliquement cette génération en forme de fracture, sur laquelle naurait pas pesé le verrou du latin, il serait vierge de toute compromission avec ce donné littéraire français : quand Julien Gracq analyse la phrase dAndré Breton, cest très souvent pour souligner le jeu pervers et suggestif quelle opère avec la syntaxe de la prose classique, quen la retournant comme un gant il aurait portée à plus de conscience ; il est finalement émouvant de voir comment le vibrant éloge qu à la fin de son essai il consacre à la phrase dAndré Breton est ipso facto la ressaisie lyrique, éloquente, non moins admirative, de la souplesse, la subtilité, la rigueur syntaxique inégalée de la langue française. Et lon sait combien Breton, ennemi, lui aussi, de tout débraillé vestimentaire et stylistique, mettait de coquetterie à manier la syntaxe du subjonctif : tel passage en note de Nadja en est comme lillustration intempestive! Annales gratuites Bac 1ère L : Texte de Julien Gracq Le sujet 1998-Bac 1ère L-Français-Commentaire littéraire Information publiée le 25 aoÃt 2008 par source : Hugues Bachelot Le pseudonyme littéraire permet à lhomme ou à la femme écrivains de porter une identité voulue. Ce choix assure une séparation nette entre le cours de la vie ordinaire et lengagement personnel que représente lécriture. Le pseudonyme peut être aussi une manière deffacer un état civil prosaïque pour une référence distinctive à connotation historique : Farigoule Louis devint Jules Romains, et Poirier Louis, Julien Gracq. On a là les versions latines dun temps un peu révolu. Et Marie-Annick Gervais-Zaninger et Stéphane Bikialo, Julien Gracq. Un balcon en forêt La Presquîle, Atlande, Paris, 2007, p 17.
Pas de questions, pas de notes, pas denregistrements, telles étaient les conditions posées par Julien Gracq. Journaliste à La Voix du Nord et passionné par lœuvre de lauteur du Rivage des Syrtes, Joseph Raguin les a acceptées. Plusieurs rencontres avec Gracq au cours de lannée 1999 lui ont permis décrire ce portrait singulier. 1933-Il se rend en Cornouailles où il visite les sites des romans arthuriens. Alain-Michel Boyer, Julien Gracq, paysages et mémoire, p 20. La distance où se tient Gracq nest ni une posture ni une marque dindifférence, mais une réserve nécessaire à la disposition du quant-à-soi et au libre exercice de la pensée. Ses romans sont hantés par lhistoire de notre siècle, celle du processus conduisant à la guerre mondiale dans Le Rivage des Syrtes, et sur un mode différent, à la fois réaliste et onirique, celle de la drôle de guerre dans Un balcon en forêt. Son œuvre critique propose, à côté dadmirables exemples de lecture intuitive, un panorama de la littérature moderne où le XIXe siècle est saisi et compris depuis le XXe, comme lavaient fait Breton et Proust. Quant à son style, il représente un aboutissement de la prose littéraire française. Du surréalisme, il tient sa confiance dans le gouvernement intuitif de la pensée, sa manière de mêler le lyrisme à la prose didées. Mais il ne cherche à rompre ni avec lexercice de la raison, ni avec la tradition. Sa langue est consubstantielle à sa mémoire littéraire : au sens le plus rigoureux du terme elle est une langue de culture langue dont le miroitement témoigne, sous le texte apparent, de lexistence dune universelle doublure littéraire, se rappelant par intervalles au souvenir comme une doublure de couleur vive par les crevés dun vêtement. Cest un secret quil faut en lisant, en écrivant une vie pour apprendre, et quil a emporté avec lui. Julien GracqConférences, exposition, tables rondes et lectures sont au programme, pour célébrer et mieux connaître loeuvre de ce grand écrivain, disparu lhiver dernier. Tous les détails sont. Témoignages de Jérôme Garcin et de François articles cités. Vous souhaitez vous abonner à notre Lettre dinformation Annales gratuites bac 1998 Français : Texte de Julien Gracq Nantes, ville du désir, dont Graslin est au sommet de la ville haute le point dignition, et dont la Fosse, aussi indissociable que le grand jour et la nuit la plus profonde, oppose diamétralement dans les bas-fonds, son mythique lieu de perdition : Ce qui me frappait le plus immédiatement, écrit Julien Gracq, cétait ce mélange de clandestinité et dexhibitionnisme, la provocation criarde, et, en même temps, reléguée, lépreuse, qui émanait de cette zone dinterdits, où je devinais un des vrais points dinflammation de la ville. Une Fosse, qui nourrit chez lui fascination et répulsion au récit de débauches nocturnes, avérées ou fantasmées, de ses camarades de lycée, elles-mêmes transposées littérairement sinon vite euphémisées en une plus prude initiation aux charmes de Rolla et sur laquelle, se plaçant à nouveau à dessein sous le patronage de Lautréamont et de ses sulfureux Chants de Maldoror, il fait flotter le drapeau rouge du vice Composée de trois appartements et de pièces communes, cette résidence est appelée à accueillir régulièrement des auteurs qui, après sélection par un comité littéraire et artistique, pourront y travailler durant des périodes plus ou moins longues. Les poètes Caroline Sagot Duvauroux et Lucien Suel en sont les premiers résidents. Ateliers dans les lycées de la Région Pays de la Loire avec LONPL sur un programme de musique : Tchaïkovski et Roméo et Juliette. Mon livre Visites aux vivant s étudié à luniversité de Yarmouk à Irbid en Jordanie dans le cadre des ateliers décriture animés par, écrivaine. Julien Gracq est également lecteur de, de et de, dont lui a causé une forte impression.
